Par Andy Mbengay
Sous la présidence de l’honorable Aimé Boji Sangara, l’Assemblée nationale a tenu, ce mercredi 10 décembre 2025, une séance plénière consacrée à l’examen et à l’adoption du rapport de la Commission Économique, Financière et Contrôle Budgétaire (Écofin-CB) sur le projet de loi de finances pour l’exercice 2026. Après une analyse article par article, les élus nationaux ont déclaré le rapport recevable.
Le président de la Commission Écofin-CB, Guy Mafuta Kabongo, a présenté la synthèse des travaux menés autour du projet de budget 2026. Il a souligné un changement notable dans le cadrage macroéconomique, dû en grande partie à l’évolution du taux de change.
« Lorsque le Gouvernement a déposé le projet de loi de finances en septembre, le taux de change était de 290 FC pour 1 dollar. Aujourd’hui, il oscille entre 210 et 220 FC. Cet indicateur clé ayant fortement varié, il a fallu revoir le cadrage macroéconomique. L’Écofin a donc retravaillé avec le Gouvernement pour produire un nouveau cadre conforme aux projections du FMI, fixant un taux budgétaire de 240 FC et une prévision à 260 FC », a expliqué Guy Mafuta.
Concernant les budgets annexes et les comptes spéciaux, le Gouvernement anticipe une hausse des recettes en 2026, estimée à 6,6 % pour les premiers et 9 % pour les seconds. Cette progression serait liée à une gestion plus rigoureuse des recettes des établissements publics d’enseignement supérieur, des hôpitaux généraux de référence et des organismes reclassés en budgets annexes, ainsi que des divers comptes d’affectation spéciale. La Commission recommande toutefois au Gouvernement de clarifier le statut juridique de ces budgets et de renforcer leurs capacités de gestion et de reporting.
S’agissant des dépenses, le projet de budget 2026 affiche une augmentation de 7,2 % par rapport à la loi de finances rectificative 2025, passant de 50 691,8 milliards à 54 335,7 milliards de CDF. Cette hausse découle notamment d’un accroissement de 7 % du budget général.
Après examen, la Commission a obtenu plusieurs réajustements, notamment : une augmentation de 70 % du principal de la dette extérieure, et de 55,5 % des frais financiers y afférents ; une hausse globale de la dette extérieure à 19,5 % ; une augmentation de 13,9 % des dépenses de personnel du pouvoir central, et de 22,1 % pour les provinces ; une hausse de 74,3 % des rétrocessions aux administrations financières ; un accroissement de 70,5 % des investissements sur ressources propres du pouvoir central ; une augmentation de 38,7 % des remboursements de TVA ; un bond de 257 % pour les opérations électorales ; une hausse de 30,2 % des dépenses sécuritaires ; un doublement de la réserve budgétaire.
Face aux défis relevés au cours des travaux, la Commission Écofin-CB recommande au Gouvernement de poursuivre activement la mobilisation de ressources supplémentaires, nécessaires notamment pour financer les réformes, la mise à la retraite, la contrepartie des projets et le recensement de la population.
Les députés nationaux ont, à une large majorité, adopté l’ensemble des recommandations de la Commission. Sur les 430 votants, 428 ont approuvé le rapport, 2 ont voté contre et aucun ne s’est abstenu. Conformément à l’article 171 du Règlement intérieur, ils ont ensuite procédé à l’adoption article par article du projet de loi de finances 2026.
En ouverture de séance, le président Aimé Boji Sangara a invité les élus à observer une minute de silence en mémoire des compatriotes tombés dans l’Est de la RDC, victimes du conflit imposé au pays.
Enfin, plusieurs députés ont profité de la plénière pour présenter des motions d’information relatives aux situations socio-économiques préoccupantes dans leurs circonscriptions.