Par Andy Mbengay
Le président de l’Assemblée nationale, le Professeur Vital Kamerhe, a présidé une séance plénière dédiée à l’adoption de trois projets de loi. Parmi ceux-ci figurait un projet de loi relatif à l’environnement, présenté par la Ministre d’État en charge de l’Environnement, Eve Bazaiba. Les deux autres projets portaient sur la ratification d’accords de coopération concernant l’exploration des hydrocarbures et l’exploitation des gisements communs entre la République Démocratique du Congo et la République de l’Ouganda, signés respectivement à Kampala le 23 juin 1990 et le 25 janvier 2028, comme l’a expliqué le Ministre des Hydrocarbures, Molendo Sakombi.
Lors de cette séance, le Député national Jean Akandabo, expert en gestion de l’environnement, a soulevé plusieurs défis majeurs, en particulier en ce qui concerne la gestion de l’environnement dans différents territoires, et plus spécifiquement dans la région de Mambasa.
Jean Akandabo a présenté plusieurs recommandations à la Ministre d’État, Eve Bazaiba. Il a notamment attiré l’attention sur la situation de la réserve de faune d’Okapi, créée en 2006 par un arrêté qui avait défini une limite de 12 kilomètres. Cependant, il a déploré que, à ce jour, des centaines de kilomètres aient été pris sans prendre en compte les intérêts des populations autochtones.
« La population autochtone, celle qui est née sur place et qui vit là-bas, possède ses terres. Ce sont ces mêmes populations qui sont affectées par l’extension de la réserve, parfois au détriment de leurs droits fonciers », a-t-il expliqué.
Il a insisté sur le fait que ces questions sont d’une grande sensibilité sociale et doivent être traitées avec sérieux.
» Un ministre de l’Environnement ne doit pas se concentrer uniquement sur les aspects financiers, mais aussi sur le bien-être des citoyens », a souligné Jean Akandabo.
Le député de Mambasa a également abordé la question de l’exploitation minière, notamment l’exploitation de l’or, qu’il a critiquée pour son manque de respect des études d’impact environnemental.
« Certaines sociétés exploitent l’or sans procéder aux études environnementales nécessaires. Pourtant, il est impératif de consulter les organismes congolais responsables avant de mener toute exploitation », a-t-il affirmé, soulignant le rôle crucial de ces institutions dans la préservation de l’environnement.
Parmi ses recommandations, Jean Akandabo a proposé de revoir les délimitations de la réserve de faune d’Okapi pour prendre en compte les droits des populations locales. Il a également suggéré de mettre fin à la persécution des habitants concernant l’utilisation de produits non lignés, comme les ignames et les champignons. Enfin, il a préconisé de revenir aux anciennes délimitations de la réserve, afin de mieux concilier la protection de l’environnement et les besoins des communautés locales.