Coopération parlementaire : Aimé Boji Sangara reçoit l’Ambassadeur de France, Rémi Maréchaux

Par Andy Mbengay

Le Président de l’Assemblée nationale, l’Honorable Aimé Boji Sangara, a accordé une audience ce lundi à l’ambassadeur plénipotentiaire de la République française en RDC, Rémi Maréchaux. Cette rencontre, organisée au Palais du Peuple, s’inscrit dans le cadre des échanges institutionnels réguliers entre Kinshasa et Paris et constituait une occasion pour le diplomate français de présenter officiellement ses civilités au nouveau président de la Chambre basse.

Cette audience intervient également dans un contexte marqué par l’engagement du Parlement à accompagner la diplomatie active impulsée par le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en faveur du renforcement des partenariats stratégiques entre la RDC et ses alliés.

Les discussions ont notamment porté sur les perspectives de coopération parlementaire entre les deux pays. L’ambassadeur Maréchaux a mis en lumière le dynamisme du Groupe d’amitié parlementaire RDC–France, reconnu pour ses initiatives visant à promouvoir les échanges législatifs, les missions d’étude ainsi que le partage d’expériences entre élus congolais et français. Il a également souligné la présence de députés d’origine congolaise au sein de l’Assemblée nationale française, un élément qui, selon lui, renforce les liens historiques et culturels entre les deux peuples.

Le diplomate a exprimé le souhait de voir les deux institutions développer davantage leur collaboration à travers des programmes conjoints, des rencontres thématiques et diverses initiatives destinées à appuyer la gouvernance démocratique et le développement institutionnel. Il a insisté sur la nécessité de maintenir un dialogue régulier autour des questions législatives, du contrôle parlementaire, de la diplomatie parlementaire et des enjeux de développement durable.

De son côté, le Président Aimé Boji Sangara a salué la démarche du représentant français et réaffirmé la disponibilité de l’Assemblée nationale à œuvrer en étroite coopération avec les partenaires internationaux de la RDC. Il a rappelé le rôle essentiel du Parlement dans la consolidation de la démocratie et a exprimé sa volonté d’encourager toutes les initiatives visant à renforcer les capacités institutionnelles de la Chambre basse.

Au terme de la rencontre, Rémi Maréchaux s’est dit « chaleureusement reçu » et a fait part de son optimisme quant à l’avenir des relations entre les deux Parlements.

« Minerais, insécurité et tensions ethniques : l’ADIR appelle à un dialogue national inclusif à travers une pétition citoyenne »

Par Andy Mbengay

La salle Médiaspaul de Limeté a servi de cadre, ce lundi 24 novembre 2025 à Kinshasa, au lancement d’une pétition citoyenne appelant à un dialogue inclusif. Le président national de l’Alliance pour le Dialogue Inclusif et la Réconciliation (ADIR), Pris Tambwe Muabi, a personnellement dévoilé les grandes motivations qui ont poussé ce mouvement socio-politique à initier cette démarche. L’objectif principal est de renouer avec la paix tant recherchée en République démocratique du Congo.

Face aux professionnels des médias et à d’autres invités de marque, Pris Tambwe a souligné que le processus de négociations engagé par le gouvernement ainsi que la signature de différents accords souffrent d’une profonde crise de confiance. Celle-ci oppose, d’une part, les parties signataires et, d’autre part, la classe politique non impliquée ainsi que la société civile. D’où, selon lui, l’urgence d’un dialogue véritablement inclusif permettant de débattre sans relâche des problèmes réels et d’envisager des solutions durables.

« Nous avons lancé une pétition pour que le Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, puisse convoquer un dialogue. Notre pétition s’articule notamment sur l’Accord de Doha. Nous avons constaté que beaucoup d’informations nous échappent dans cet accord et que les parties prenantes ne semblent pas s’y conformer. Nous avons jugé bon d’agir à temps et de nous parler de manière responsable et sereine pour trouver les meilleures solutions pour le Congo. Il vous souviendra que, lors de la précédente rencontre à la CENCO, nous avions organisé une conférence où j’avais posé la question : Pourquoi sommes-nous à Doha ? Le processus en cours accompagne donc l’initiative que nous lançons aujourd’hui », a-t-il affirmé.

Et de marteler :
« Le conflit est bien connu : il tourne autour des minerais du pays. Nous pensons que le Président doit prendre des décisions nécessaires pour mettre fin à cette problématique. »

Poursuivant son intervention, Pris Tambwe a déploré l’occupation prolongée depuis plus de trois ans de certains territoires nationaux par le mouvement armé AFC/M23, appuyé par le Rwanda. Une situation qui, selon lui, engendre d’innombrables souffrances et de graves violations des droits humains : crimes contre l’humanité, crimes de guerre, massacres, holocaustes, déplacements massifs de populations, pillages de ressources naturelles, impactant lourdement les communautés locales.

Il a également évoqué « le conflit meurtrier dit Mobondo dans l’espace Grand Bandundu et sur les plateaux de Bateke, qui continue de semer la désolation sans réponse efficace des autorités nationales ; la criminalité galopante dans la capitale Kinshasa avec le phénomène Kuluna ; ainsi que les meurtres atroces de médecins torturés, décapités et brûlés vifs à Tshopo, sans qu’aucune déclaration officielle ni compassion publique ne soient exprimées par le gouvernement central ».

Face à la montée inquiétante des discours de haine à caractère tribal qui alimentent les tensions communautaires, l’ADIR rappelle au gouvernement son devoir de prendre des mesures fermes contre les inciviques qui perturbent la vie nationale.

Engagée dans un combat contre le détournement des deniers publics, l’Alliance pour le Dialogue Inclusif et la Réconciliation dénonce par ailleurs la banalisation de ces pratiques, devenues quasi quotidiennes, sans sanctions exemplaires à l’égard de leurs auteurs, au détriment du peuple congolais.

Un autre moment fort de la cérémonie a été la signature de l’acte d’engagement citoyen. L’événement s’est conclu par une chanson patriotique, symbolisant un appel à la conscience collective.

UPA : Kinshasa conclut les travaux de la 47ᵉ Conférence des Présidents et de la 84ᵉ Réunion du Conseil Exécutif

Par Andy Mbengay

La capitale congolaise a abrité ce samedi 22 novembre 2025 la clôture des travaux conjoints de la 47ᵉ Conférence des Présidents et de la 84ᵉ Réunion du Conseil Exécutif de l’Union Parlementaire Africaine (UPA). Cette dernière journée a été marquée par plusieurs décisions majeures, notamment l’élection du prochain président du Comité Exécutif chargé de préparer la 48ᵉ Conférence des Présidents et la 88ᵉ session du Conseil, prévue entre octobre et novembre 2026.

Conformément à l’article 10, alinéa 6 de la Charte de l’UPA, la présidence revient au pays hôte de l’édition en cours. Ainsi, à l’issue des consultations entre les deux chambres du Parlement congolais, l’honorable Jean-Michel Sama Lukonde, Président du Sénat, a été désigné président du Comité Exécutif pour l’édition 2026.

Les participants ont également convenu que les prochaines assises auront lieu entre octobre et novembre 2026. Le Secrétariat général de l’UPA reste toutefois ouvert à la réception des candidatures des États désireux d’accueillir ces réunions. Le lieu et la date exacte seront fixés ultérieurement, en concertation avec le pays retenu.

Condamnation des violations des droits humains

Face à la situation sécuritaire préoccupante en RDC, au Soudan et au Mali, les parlementaires membres de l’UPA ont condamné les violations répétées des droits de l’homme dans ces pays. Ils ont exprimé leur solidarité envers les populations touchées et salué les efforts diplomatiques engagés pour restaurer la paix, en appelant les partenaires internationaux à soutenir ces processus.

Les femmes parlementaires de l’UPA ont, de leur côté, dénoncé les violences faites aux femmes et aux enfants dans les zones de conflit, réaffirmant leur soutien aux Congolaises victimes d’exactions dans l’Est du pays.

La jeunesse africaine appelle à un mécanisme d’encadrement

L’Organisation des jeunes de l’Union Africaine a salué la présence des jeunes autorités congolaises au sein des institutions nationales. Elle a exhorté l’UPA à mettre en place un dispositif structurant pour fédérer et encadrer la jeunesse africaine, majoritaire sur le continent, afin de favoriser son épanouissement et sa participation active au développement.

Félicitations et clôture officielle

Plusieurs messages de félicitations ont été adressés aux autorités congolaises pour l’accueil jugé exemplaire et la qualité de l’organisation de ces assises.

Au nom de la nation, le Président du Sénat, Sama Lukonde, a exprimé la gratitude du peuple congolais envers les délégations présentes et a officiellement clôturé les travaux.

Travaux en commissions : politique et économie

Pour cette dernière journée, les débats ont été répartis en deux commissions :

Commission politique, axée sur la consolidation de la souveraineté nationale comme levier du développement durable. Les discussions ont mis en avant la défense de la souveraineté des États africains dans les domaines sécuritaire, alimentaire, culturel et connexes. Le débat autour de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples a été particulièrement animé. Le rapport final a été adopté, moyennant amendements, et recommande notamment aux États africains de soutenir la RDC face à l’agression dont elle est victime.

Commission économique et du développement durable, consacrée aux défis de la transition énergétique et au développement des énergies renouvelables. Les délégués ont insisté sur l’importance de promouvoir un développement durable et une souveraineté énergétique ouverte à la coopération internationale.

Une clôture sous une note positive

Les participants se sont séparés sur une note de satisfaction, saluant la réussite organisationnelle et diplomatique de ces travaux de l’UPA tenus à Kinshasa.

Maï-Ndombe : Treize civils massacrés lors d’une attaque nocturne à Nkana

Par Andy Mbengay

Le village de Nkana, situé à 75 km de Kinshasa dans le territoire de Kwamouth (province du Maï-Ndombe), a été le théâtre d’une violente incursion dans la nuit de samedi à dimanche 23 novembre 2025. Un groupe d’insurgés a profité du faible dispositif sécuritaire pour attaquer cette localité riveraine du fleuve Congo aux alentours de trois heures du matin.

Armés de fusils AK-47, de calibre 12 et de machettes, les assaillants ont engagé un affrontement avec les quelques militaires déployés dans la zone. Après plusieurs minutes d’échanges nourris, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont réussi à neutraliser cinq combattants Mobondo. L’armée déplore toutefois la mort d’un soldat et la grave blessure d’un autre.

En se retirant, les insurgés ont perpétré un massacre visant la population civile : treize personnes ont été tuées, dont trois enfants de moins de cinq ans, et plusieurs habitations ont été incendiées. La panique a poussé de nombreux habitants de Nkana et des villages voisins à fuir. Certains ont trouvé refuge à Maluku, dans la périphérie de Kinshasa, tandis que d’autres ont traversé le fleuve pour se mettre en sécurité en République du Congo.

Le retour au calme n’a été possible qu’en matinée, après l’arrivée d’une unité FARDC basée à Kwamouth cité. Toutefois, la navigation des balanières sur le fleuve Congo a été temporairement perturbée en raison de ces violences.

Le commandement des opérations Ngemba a présenté ses condoléances aux familles des victimes et assuré que des mesures sécuritaires renforcées sont désormais en place. Les FARDC poursuivent encore les éléments Mobondo impliqués dans cette nouvelle attaque meurtrière.

RDC : face à la proposition de service militaire obligatoire, John Tshimenga opte pour une formation citoyenne armée

Par Andy Mbengay

Les députés nationaux ont pris part, vendredi 21 novembre 2025, à la séance plénière consacrée à l’examen et à l’adoption des propositions de loi fixant les règles relatives à l’organisation du barreau, co-initiée par les honorables Boris Mbuku et Garry Sakata, ainsi qu’à la proposition de loi portant instauration du service militaire obligatoire en RDC, initiée par l’honorable Claude Misare.

Cette séance, présidée par Aimé Boji Sangara, président de l’Assemblée nationale, a été marquée par les interventions de plusieurs élus du peuple.

Lors du débat, le député national John Tshimenga s’est particulièrement attardé sur la proposition de loi relative au service militaire. L’élu du territoire de Kamiji, dans la province de la Lomami, a plutôt préconisé la mise en place d’une formation militaire obligatoire. Il a rappelé que cette formation pourrait s’adresser à toutes les catégories socio-professionnelles, y compris les enseignants, les étudiants, les élèves et les médecins.

« Je pense que parler de service militaire obligatoire est très encombrant, voire difficilement réalisable. Un service obligatoire impliquerait que les autres secteurs n’existeraient plus et que tout le monde devrait s’y consacrer. J’ai proposé que l’on parle plutôt d’une formation militaire obligatoire, car un enseignant peut la suivre tout en restant focalisé sur son domaine, de même que les étudiants, les élèves ou les médecins », a-t-il expliqué.

Poursuivant son intervention, il a souligné que, dans certains pays, les étudiants doivent passer par une formation sportive ou pré-militaire avant d’entrer à l’université, ce qui n’est pas le cas en République démocratique du Congo.

« Nous vivons dans un pays où une partie du territoire est agressée par l’ennemi. Il y a des massacres un peu partout. Si tout le monde recevait une formation, chacun serait en mesure de se défendre, mais aussi de défendre la patrie. C’est d’ailleurs le sens même de cette proposition de loi », a déclaré le député.

S’agissant des critères de sélection pour cette formation militaire, une question soulevée au cours du débat, l’élu de la Lomami a indiqué qu’il devrait y avoir des exceptions, notamment concernant l’âge. L’initiateur de la proposition de loi a d’ailleurs précisé que la tranche d’âge retenue pour la sélection s’étend de 18 à 30 ans révolus.

Barreau et service militaire : le député Dédé Mopasa demande une refonte des propositions de lois

Par Andy Mbengay

Vendredi 21 novembre 2025, les députés nationaux ont pris part à la séance plénière consacrée à l’examen et à l’adoption des propositions de lois fixant les règles relatives à l’organisation du barreau, co-initiée par les honorables Boris Mbuku et Garry Sakata, ainsi qu’à la proposition de loi portant instauration du service militaire obligatoire en RDC, initiée par l’honorable Claude Misare.

Intervenant lors du débat, le député national Dédé Mopasa a relevé plusieurs insuffisances dans ces propositions de lois, notamment en ce qui concerne le décret-loi n°032 de 1997 qui organise déjà le service national.

« S’agissant de la proposition de loi portant instauration du service militaire obligatoire en RDC, nous avons estimé que son auteur n’a peut-être pas consulté l’ensemble de la littérature législative ou réglementaire en vigueur. Nous avons rappelé que le décret-loi 032 de 1997 organise le service national et que plusieurs dispositions contenues dans la nouvelle proposition y figurent déjà. Je leur ai recommandé d’en faire une bonne lecture et de déterminer dans quelle mesure ils pourraient soit modifier le décret portant création du service national, soit y intégrer certains éléments », a-t-il suggéré.

Il a poursuivi en martelant :

« L’idéal est que le Congolais ait la notion de défense de la patrie par les armes, la protection, le civisme, l’amour du pays. Tout cela forge notre sécurité. Et si cela doit passer par les armes, il faut que l’apprentissage se fasse officiellement et que la loi l’encadre. Pour moi, le service national reste l’entité la plus réaliste pour toutes ces formations. On peut envisager, par exemple, qu’à la fin de la 6ᵉ des humanités, les élèves passent d’abord par le service national, où ils apprennent le civisme, et où la sélection se ferait de manière régionale. On y enseignerait aussi la géopolitique. »

Abordant un autre aspect du débat, l’élu du Kwilu s’est également exprimé sur la question de la qualité professionnelle des avocats, qui selon lui renvoie à plusieurs exigences.

« D’abord, il y a leur caractère autonome. Puis, dans la proposition de nos collègues Garry et Boris, il est prévu que les avocats entrent dans un régime salarié. Dans ce régime, vous prestez et vous êtes payé par vos honoraires, mais vous restez salarié. J’estime que ce régime n’est pas commode et présente des incompatibilités : un avocat ne peut pas se retrouver dans une position où quelqu’un le paie et, de ce fait, exerce une autorité sur lui », a-t-il expliqué.

Les propositions de lois ont été déclarées recevables et transmises aux commissions permanentes pour analyse approfondie.

Nouvelle dynamique législative : Les députés examinent la réforme du Barreau et le projet de service militaire obligatoire !

Par Andy Mbengay

La séance plénière de ce vendredi 21 novembre 2025 à l’Assemblée nationale a été marquée par des échanges nourris autour de deux initiatives législatives majeures : la modernisation du Barreau congolais et la proposition d’instaurer un service militaire obligatoire pour les jeunes de 18 à 30 ans. Les travaux ont été conduits sous la présidence de l’honorable Aimé Boji Sangara.

La première proposition de loi, déposée par les députés Boris Mbuku et Garry Sakata, ambitionne de réorganiser profondément la profession d’avocat en RDC. L’honorable Mbuku a dénoncé la « précarité grandissante » qui affecte une large partie du corps des avocats, plaidant pour une intervention plus active de l’État afin de garantir de meilleures conditions de travail.

Ce texte prévoit notamment : la mise en place d’une rémunération mensuelle pour les avocats ; un système de protection sociale pour les retraités, les avocats en situation de handicap et les ayants droit ; un contrôle comptable renforcé au sein des structures du Barreau ; une redéfinition des missions des bâtonniers ainsi qu’une refonte du mécanisme d’assistance judiciaire, jugé aujourd’hui peu efficace en raison d’un financement insuffisant.

La seconde initiative, portée par le député Misare Claude, propose la création d’un service militaire obligatoire, organisé par province. Selon lui, la RDC, malgré une population majoritairement jeune, ne peut continuer à dépendre de forces étrangères pour assurer sa sécurité. Le dispositif envisagé se veut un levier pour renforcer la défense nationale, mais aussi un outil de cohésion et d’unité face aux divisions tribales, régionales et aux discours de haine.

Cette proposition a toutefois suscité plusieurs interrogations.
Le député Albert Iwondo Ilonga a rappelé que « des millions de jeunes seraient concernés », soulignant l’importance d’une étude détaillée sur le coût et la faisabilité du projet. Certains élus ont également mis en garde contre l’adoption de mesures difficilement applicables sur le terrain. La situation sécuritaire préoccupante dans l’Est du pays s’est également invitée dans les discussions. Sur le volet de la défense, l’honorable Iwondo a plaidé pour le renforcement des capacités de l’armée, tandis que son collègue Hubert Furuguta Mukasa a dénoncé la « diabolisation » qui viserait les groupes Wazalendo.

Concernant la réforme du Barreau, plusieurs députés, dont les honorables Lotika Theoveul et Dorothée Madiya, ont apporté des précisions techniques autour des délais d’application et des éventuelles incompatibilités juridiques.

Les initiateurs des deux textes ont, pour leur part, salué la richesse des contributions, rappelant que « toute loi est perfectible ».

À l’issue des débats, les deux propositions de loi ont été déclarées recevables et transmises aux commissions permanentes pour une analyse approfondie.

Kinshasa : L’UPA appelle à combler le fossé numérique qui freine les droits des femmes en Afrique

Par Andy Mbengay

Le Comité des femmes parlementaires de l’Union Parlementaire Africaine (UPA) a tenu, ce jeudi 20 novembre 2025, une importante réunion en marge de la 84ᵉ Session du Comité exécutif et de la 47ᵉ Conférence des Présidents des Parlements de l’UPA, organisées au Golden Tulip Kin Oasis Hôtel, à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
Placée sous le thème « La gouvernance du numérique au service des droits de la femme », cette rencontre a permis aux participantes de plaider pour le renforcement des compétences numériques des femmes et pour un meilleur accès aux technologies digitales sur le continent.

À l’issue des travaux, une résolution comprenant un ensemble de recommandations destinées à promouvoir une gouvernance numérique inclusive a été adoptée à l’unanimité par les membres du comité. Ce document sera soumis, ce vendredi, à la Conférence des présidents pour approbation.

Dans son allocution d’ouverture, Mme Tayeb Wassila, députée à l’Assemblée populaire nationale d’Algérie et Présidente du Comité des femmes parlementaires de l’UPA, a remercié les autorités et le peuple congolais pour l’accueil chaleureux réservé aux délégations venues de différents pays membres. Elle a salué, en particulier, l’engagement des femmes parlementaires de la RDC.

Abordant le thème central de la réunion, Mme Wassila a rappelé que les droits des femmes et la gouvernance numérique sont étroitement liés.

« La gouvernance numérique, qui englobe l’accès, l’utilisation et la gestion des technologies, joue un rôle essentiel dans la réalisation de l’égalité des sexes. Il est indispensable que les femmes participent à la définition des politiques numériques et qu’elles disposent des compétences nécessaires pour évoluer dans un monde de plus en plus digitalisé », a-t-elle déclaré.

La Présidente a également insisté sur l’importance de politiques inclusives, du renforcement des capacités des femmes et de la garantie de leur sécurité en ligne afin d’amplifier les effets positifs du numérique.

Tour à tour, plusieurs femmes parlementaires des pays membres de l’UPA ont mis en avant le rôle stratégique des technologies numériques en tant que leviers de promotion et de protection des droits des femmes en Afrique.

La résolution adoptée recommande notamment de réduire les écarts d’accès et de compétences numériques, rappelant que dans les pays les moins avancés, seuls 25 % de la population ont accès à Internet, dont une majorité d’hommes. Elle appelle également à l’introduction de l’éducation numérique dès le plus jeune âge, à la conception de technologies adaptées aux besoins des femmes et à l’encouragement des filles et des femmes dans les filières liées au numérique.

La réunion s’est clôturée par l’élection d’un nouveau Bureau :

Mme Fouda Arada Izzedine (Tchad) a été élue Présidente ;

Mme Aïssata (Niger) a été élue Vice-présidente ;

Mme Aminata Sangara (Mali) a été élue Rapporteure.

Chaque participante a reçu un cadeau souvenir offert par les présidents des deux chambres du Parlement de la République démocratique du Congo.

Pour rappel, la 84ᵉ Session du Comité exécutif de l’UPA s’est achevée le mercredi 19 novembre 2025. La réunion du Comité des femmes parlementaires précède l’ouverture de la 47ᵉ Conférence des Présidents des Parlements, prévue le vendredi 21 novembre.

Kinshasa : le contrôle technique vire au cauchemar, des automobilistes dénoncent un racket organisé

Par Andy Mbengay

Une scène choquante a éclaté ce jeudi 20 novembre 2025 en fin de matinée sur le boulevard du 30 Juin. Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux montre des agents de l’ordre commis à la sécurité se comporter de manière agressive, suscitant indignation et colère parmi les Kinois.

Alors que la ville-province de Kinshasa a lancé une vaste opération de contrôle technique couplée à la vérification des permis de conduire, de nombreux automobilistes estiment que cette initiative s’est transformée en une source de tracasseries et de racket de la part de certains agents de la Police de circulation routière (PCR).

Plusieurs conducteurs dénoncent des pratiques abusives et des montants jugés exorbitants exigés lors de ces contrôles. Selon leurs témoignages, certains agents multiplieraient les infractions parfois imaginaires, dans le seul but d’extorquer de l’argent.

« C’est cela leur mode opératoire : ils vous piègent pour ensuite vous faire payer. Vous leur tendez calmement vos documents, ils les confisquent et après c’est le chantage. Infractions : 800 dollars ! Per’oyo azanga mawa pena », déplore un automobiliste, dénonçant des méthodes qui seraient devenues quasi systématiques.

Ces dérives alimentent un climat de méfiance entre usagers et forces de l’ordre, au point que certains préfèrent laisser leurs véhicules à la maison plutôt que d’affronter des contrôles jugés arbitraires et coûteux.

Alors que les autorités affirment vouloir assainir la circulation et renforcer la sécurité routière, des observateurs appellent à une supervision rigoureuse de ces opérations afin d’enrayer les abus et de rétablir la confiance entre citoyens et services de sécurité.

Mobondo : un conflit silencieux, une armée sans moyens, un peuple abandonné !

Par Andy Mbengay

Alors que l’attention nationale et internationale se concentre sur le conflit contre le M23 à l’Est du pays, une autre crise tout aussi meurtrière ravage l’Ouest de la RDC dans un silence inquiétant : l’affrontement entre les milices Mobondo et les forces de sécurité dans la région du Grand Bandundu.

Villages incendiés, centaines de morts parmi les civils comme parmi les forces de l’ordre, milliers de déplacés… Les conséquences humaines sont dramatiques, mais restent étonnamment peu visibles.

*Une crise grave, mais noyée dans l’ombre*

À quelques centaines de kilomètres seulement de Kinshasa, l’accès des médias au terrain demeure extrêmement limité. Cette invisibilité médiatique transforme le conflit de Mobondo en une guerre oubliée, privant les populations de relais, de visibilité et de soutien.

Dans cet environnement saturé de rumeurs et de peurs, l’absence d’informations officielles devient un facteur aggravant. Elle renforce la désinformation, fragilise les communautés et complique les opérations militaires. La communication de l’armée devrait pourtant jouer un rôle clé dans ce type de crise hybride.

Un porte-parole pour cinq provinces… sans moyens

Fait alarmant : l’officier chargé de la communication militaire dans cette vaste région couvre cinq provinces avec des moyens quasi inexistants. Malgré cela, il continue d’assumer sa mission, répond aux sollicitations et tente de maintenir un lien indispensable entre l’armée, les médias et les citoyens.

Mais une question essentielle s’impose : comment un officier en charge d’une mission aussi stratégique peut-il remplir efficacement son rôle sans outils, sans mobilité, sans soutien logistique ?

Un impératif : renforcer d’urgence la communication militaire

La solution semble évidente : la hiérarchie militaire doit fournir à son porte-parole les moyens nécessaires pour agir, se déplacer, informer et contrer la désinformation. Dans un espace aussi vaste que cinq provinces, être audible ne suffit pas. Il faut être présent, visible et opérationnel partout où la situation l’exige.

Sans une communication militaire solide, les populations restent exposées aux manipulations, et les opérations sur le terrain perdent en cohérence et en efficacité. Informer, rassurer et clarifier fait aussi partie de la protection des civils.

Une population qui souffre dans le silence

Les habitants du Grand Bandundu vivent cette crise dans une invisibilité presque totale. Ils ont besoin d’une armée qui protège, mais aussi d’une armée qui parle. Redonner des moyens à la communication militaire, c’est renforcer la confiance entre l’État et ses citoyens et améliorer la réponse sécuritaire.

En effet, certaines cérémonies inaugurales annoncées dans le Kwilu semblent en décalage avec la réalité brûlante du terrain. Pour de nombreux habitants, la priorité reste claire : mettre fin à un conflit encore trop ignoré.