Kinshasa : tollé autour d’un “calendrier fantôme”, l’intersyndicale appelle les agents à la prudence

Par la rédaction

À Kinshasa, la tension monte au sein de l’administration publique urbaine. Dans un communiqué publié ce mercredi 25 février 2026, l’intersyndicale dénonce la circulation, sur les réseaux sociaux, d’un calendrier non signé annonçant un contrôle physique des services publics urbains ainsi que du personnel d’appoint affecté aux cabinets politiques.

Son président, Delord David Luyeye, parle d’un document « sans base légale claire », devenu viral et source d’inquiétude parmi les agents. Selon lui, ce calendrier attribué au Ministère provincial du Budget et de la Fonction publique évoque des préparatifs liés aux travaux du cadre permanent de concertation. Toutefois, il ne précise ni le plan d’exécution ni les objectifs réels de l’opération. L’intersyndicale redoute les conséquences d’un tel contrôle, qu’elle juge improvisé. Elle craint notamment un nouveau retard dans le paiement des agents politiques et administratifs de la capitale, alors que plusieurs mois d’arriérés pèsent déjà sur le personnel.

« Nous demandons aux agents des différents services urbains de prendre du recul face à ce contrôle, le temps pour nous d’obtenir des clarifications auprès des autorités compétentes », a déclaré Guelord David Luyeye. Il insiste sur la nécessité de garantir la liquidation et la finalisation des salaires des mois de janvier et février 2026, dans un contexte social déjà marqué par des frustrations répétées liées aux impayés.

Cette sortie médiatique intervient quelques jours après un sit-in organisé, le lundi 23 février, devant l’Hôtel de Ville de Kinshasa. Les manifestants dénonçaient alors neuf mois d’arriérés de salaires accumulés au cours de l’année 2025.

Face à la polémique, l’opinion attend désormais une réaction officielle des autorités provinciales afin de dissiper les zones d’ombre entourant ce calendrier controversé et d’apaiser un climat social de plus en plus tendu au sein de l’administration urbaine.

Est de la RDC : le porte-parole de l’AFC-M23, Willy Ngoma, tué dans des combats à Rubaya

Par Andy Mbengay

Le porte-parole de l’AFC-M23, Willy Ngoma, serait décédé aux alentours de 3 heures du matin ce mardi 23 février 2026, selon des journalistes proches de ce mouvement rebelle soutenu par le Rwanda.

D’après ces sources, il aurait perdu la vie lors d’affrontements intenses autour de la cité minière de Rubaya, dans l’est de la République démocratique du Congo. Cette zone stratégique, riche en ressources minières, est régulièrement le théâtre de violents combats entre les groupes armés et les forces en présence.

Aucune communication officielle supplémentaire n’a, pour l’heure, été publiée par les responsables du mouvement concernant les circonstances exactes de sa mort.

Nord-Kivu : Aimé Boji lance un forum stratégique à Beni pour renforcer la riposte contre les ADF

Par Andy Mbengay

Le Président de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, l’Honorable Aimé Boji Sangara Bamanyirwe, a officiellement ouvert à Beni le Forum provincial de paix consacré à la menace persistante des ADF dans la province du Nord-Kivu.

La cérémonie s’est déroulée en présence des autorités politico-administratives, des partenaires internationaux ainsi que des représentants de la société civile, dans un contexte sécuritaire particulièrement préoccupant pour le Grand Nord.

Un plaidoyer pour une mobilisation nationale

Dans une allocution empreinte de gravité, le Speaker de la Chambre basse a insisté sur l’urgence d’une mobilisation collective face aux violences attribuées aux ADF. Ces attaques continuent d’entraîner des déplacements massifs de populations, la destruction des moyens de subsistance et de graves atteintes aux droits humains.

Revenant sur sa récente tournée dans les localités de Beni, Oicha, Butembo, Lubero et Lukanga, il a plaidé pour une stratégie coordonnée intégrant la sécurité, la justice, l’action humanitaire, le développement et la coopération régionale.
Selon lui, la lutte contre les ADF ne peut se limiter à une réponse militaire. Elle doit s’inscrire dans une approche globale et multisectorielle capable de produire des résultats concrets et durables.

Citant le Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, il a rappelé la détermination des autorités nationales à ne pas céder à la résignation face à l’insécurité. Il a souligné que la paix doit être considérée comme une conquête collective, exigeant unité, responsabilité et courage.

Pour Aimé Boji, ce forum doit marquer le début d’un engagement renouvelé de l’État et des communautés afin de restaurer la confiance des populations envers les institutions publiques.

Beni, symbole de résilience

Dans son intervention, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le Général-Major Evariste Somo Kakule, a salué la tenue de cette rencontre dans ce qu’il a qualifié de « ville martyre mais porteuse d’espoir ».
Il a rappelé que depuis plus d’une décennie, les territoires de Beni et de Lubero sont régulièrement frappés par des attaques meurtrières, évoquant notamment les massacres de Rwangoma en 2016 ainsi que les violences récentes. Le gouverneur a appelé à une coordination renforcée entre les FARDC, la PNC, les autorités locales, les partenaires internationaux et la société civile pour faire face à un groupe armé aux ramifications transnationales.

Vers des recommandations concrètes

Prévu sur plusieurs jours, le Forum provincial de paix ambitionne d’analyser les causes profondes de la persistance des ADF, d’améliorer la coordination sécuritaire et de formuler des recommandations opérationnelles en vue de protéger efficacement les civils.

En déclarant ouverts les travaux, Aimé Boji a réaffirmé l’engagement du Parlement aux côtés du gouvernement et des populations du Nord-Kivu. Il a insisté sur la responsabilité historique des institutions à garantir la sécurité et la stabilité dans l’Est du pays.
Ce forum s’inscrit dans un contexte encore fragile, mais porteur d’espoir, où les autorités nationales et provinciales entendent transformer les engagements politiques en actions concrètes pour une paix durable au Nord-Kivu.

RDC : vaste remaniement à la tête des entreprises du portefeuille de l’État

Par Andy Mbengay

Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a signé une série d’ordonnances portant nomination de nouveaux mandataires publics à la tête de plusieurs entreprises du portefeuille de l’État.

Ces décisions présidentielles ont été rendues publiques ce lundi 23 février 2026, à travers leur lecture officielle sur les antennes de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC).

Ces nominations s’inscrivent dans le cadre du renouvellement et de la redynamisation des instances dirigeantes des entreprises publiques stratégiques de la République démocratique du Congo.

Société aurifère du Kivu et du Maniema (SAKIMA)

Président du Conseil d’administration (PCA) : Mokolo Kanana

Directeur général (DG) : Guy Robert Lukama

Directeur général adjoint (DGA) : Théodore Ngwama

Société minière de Kilomoto (SOKIMO)

PCA : François Kakese

DG : Yannick Nzonde Mulundu

DGA : Placide Nkala

Générale des carrières et des Mines (GECAMINES)

PCA : Déogratias Ngele

DG : Baraka Kabemba

Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE)

PCA : Jean-Marie Beya

DG : Soraya Aziz

DGA : Marco Kuyu

Régie des voies aériennes (RVA)

PCA : Tryphon Kin-Kiey Mulumba

DG : Louis Blaise Londole

DGA : Vincent Futa

À travers ces nominations, le Chef de l’État entend impulser une nouvelle dynamique dans la gouvernance des entreprises publiques, considérées comme des leviers essentiels du développement économique national.

Kinshasa : les agents de l’administration urbaine haussent le ton et exigent neuf mois d’arriérés

Par Andy Mbengay

Ce lundi 23 février 2026, l’intersyndicale de l’administration urbaine a organisé un sit-in devant le bâtiment de l’Hôtel de Ville de Kinshasa, en plein cœur de Kinshasa. En cause : le non-paiement de neuf mois d’arriérés de salaires accumulés au cours de l’année 2025.

Insatisfaits des négociations entamées depuis le jeudi 19 février avec le Ministère provincial des Finances, de l’Économie et du Numérique, les agents et cadres issus de toutes les directions de la division provinciale dénoncent une situation devenue, selon eux, intenable.

Outre les arriérés, les manifestants pointent également de graves retards et des dysfonctionnements dans l’organisation de la paie du mois de janvier 2026, actuellement en cours. Une situation qui, estiment-ils, compromet déjà le lancement du paiement du mois de février.

Des engagements jugés insuffisants

Prenant la parole au nom de l’intersyndicale de l’administration publique de Kinshasa, Guelord Luyeye a rappelé les principales revendications des agents, notamment l’apurement intégral de la dette salariale contractée en 2025. Selon lui, le gouvernement provincial avait opté pour le paiement prioritaire du mois de janvier 2026, avec la promesse d’enchaîner rapidement avec celui de février. Une démarche qui avait, dans un premier temps, contribué à apaiser les tensions. Cependant, les syndicats maintiennent que le règlement des arriérés reste une priorité absolue.

« Si les arriérés de l’année passée ne sont pas apurés, cela constitue un véritable malaise social au sein de l’administration provinciale. Le gouvernement ne devrait ménager aucun effort pour résoudre cette problématique », a déclaré Guelord Luyeye.

Il précise que la restitution des discussions a été soumise à la base. Les agents, affirme-t-il, ont rejeté la démarche proposée par l’exécutif provincial.

La crédibilité du système de paie remise en cause

Autre sujet d’inquiétude : la banque chargée de la paie des agents de la ville. Les syndicats estiment qu’elle ne disposerait pas des capacités logistiques et opérationnelles suffisantes pour assurer un paiement fluide et régulier. Résultat : certains agents seraient contraints d’attendre entre deux et quatre jours avant de percevoir leur rémunération mensuelle.

Pour l’intersyndicale, cette situation porte atteinte à la dignité des travailleurs.

« Les revendications des agents sont encadrées par la loi. Ce sont des droits fondamentaux, soutenus par des instruments juridiques nationaux et internationaux. Un gouvernement sérieux et responsable doit prendre en compte les désidératas des agents », a martelé le porte-parole.

Une tension sociale persistante

Alors que la ville de Kinshasa mobilise d’importantes recettes, les syndicats s’interrogent sur la gestion des ressources et exigent davantage de transparence. À défaut de réponses concrètes et rapides, la mobilisation pourrait se durcir dans les prochains jours, faisant planer le spectre d’un blocage administratif dans la capitale congolaise.

Bouclage dans le voisinage du camp Kokolo : 94 personnes suspectées kidnappeurs, braqueurs et cambrioleurs arrêtées

Par Gustave Tshibumbu

Quatre-vingt-dix civils, deux policiers, deux militaires, ont été interpellés lors du bouclage mixte FARDC-PNC organisé dans la nuit de samedi 21 à dimanche 22 février, dans le voisinage du camp Kokolo s’étendant sur quelques quartiers des communes de Bandalungwa, Kintambo et quartier GB. Sur certaines des personnes interpellées, trois motos et plusieurs armes blanches dont les machettes ont été saisies.

« Je tiens à nous féliciter pour le professionnalisme dans le déroulement de ce bouclage. Tout s’est passé dans le respect des droits humains et des droits de l’homme conformément aux instructions reçues de notre hiérarchie. Les FARDC et la PNC sont dans l’obligation de prouver le contraire des accusations injustes portées contre eux comme des auteurs des kidnappings et braquages. Par ce bouclage, il est clair qu’il y a des civils qui ternissent notre image alors que nous nous sommes occupés à protéger la population », a fait remarquer le Commissaire provincial de la PNC ville de Kinshasa, le Commissaire divisionnaire Israël Kantu, lors du debrieffing de l’opération.

Ce bouclage a été initié sur instructions de la haute hiérarchie des FARDC et de la PNC sur base des renseignements des services de sécurité à la suite des nouvelles, très répandues sur les réseaux sociaux, faisant état de la recrudescence des kidnappings, braquages et cambriolages dans la ville de Kinshasa.

« Les FARDC et la PNC, nous sommes derrière le commandant suprême qui insiste sur la sécurité des Congolais et de leurs biens. Nous devons travailler d’arrache-pied pour appréhender tous les criminels, partout où ils se cachent, qui sèment désolation au sein de la population » avait appelé le Commissaire provincial lors du lancement de ce bouclage au stade des Martyrs.

La mission a été accomplie par les éléments des FARDC et de la PNC déterminés à mettre hors d’état de nuire toute personne qui s’organise à troubler la paix sociale et la quiétude des Kinois.

Kinshasa : les taxis fluviaux fantômes de Daniel Bumba, promesse noyée dans le fleuve Congo

Par mediacongo.net/titre de ActuCongo.net

L’annonce avait fait boom. Le 10 mars 2025, le gouverneur Daniel Bumba s’était rendu au fleuve Congo pour présenter aux Kinois une nouvelle recette anti-embouteillages. Il s’agit de la mise en circulation de taxis fluviaux.

L’initiative visait à remédier aux problèmes de bouchons chroniques dans la ville. Cependant, près d’une année après, plus personne n’en parle. Et même l’Hôtel de ville n’a pipé mot depuis lors.

Un coup de poker ? Il serait peut-être tôt de l’affirmer. Mais, les habitants de la capitale s’impatientent, et à la limite ne croient presque pas à la parole du gouverneur. Un doute nourrit par des promesses non réalisées par le Gouv’. Dans la journée ensoleillée du 10 mars l’an dernier, Daniel Bumba, tout confiant, s’était pourtant flatté d’avoir trouvé une des solutions à la délicate question des embouteillages. L’édile a expliqué que le projet prévoit la mise en circulation de 22 taxis fluviaux dans les prochaines semaines, capables de transporter plus de 50 000 personnes par jour. Les mois se sont écoulés, aucun taxi fluvial n’a été aperçu sur le fleuve Congo.

D’un air déterminé, le coordonnateur du projet, Thierry Katembwe avait assuré même que l’initiative va révolutionner la vie des Congolais et des Kinois en particulier, offrant ainsi une solution sécuritaire, confortable et rapide pour se déplacer dans la ville. Plus loin, il a invité les habitants à s’approprier cette nouvelle solution pour améliorer leur quotidien.

Paroles, paroles, paroles… Daniel Bumba a oublié sa promesse ?

Ouragan passe au scanner l’un des engagements du gouverneur. Depuis son élection à tête de la mégapole, le successeur de Ngobila se démène à résoudre les problèmes qui rongent sa ville, notamment les encombrements de la circulation, l’insécurité ainsi que la salubrité.

Dans sa quête, le gouverneur ne cesse de multiplier les initiatives. Objectif : rendre Kinshasa belle et vivable. Mais, certains observateurs estiment que Bumba se mêle les pinceaux avec des projets mal structurés. De “Kinshasa Ezo Bongo” à l’opération “Coup de poing”, les Kinois interrogés par le bihebdomadaire parlent d’un fiasco. A la première vue, ça sent le tâtonnement.

Bumba mal côté

En prenant les rênes d’une mégalopole où tout était prioritaire, le gouverneur Udps connaissait bien les urgences de son entité : infrastructures routières, assainissement, pagaille sur les routes, sécurité… Au regard de faits, aucun chantier d’envergure n’a été lancé par le Gouv dans le cadre de son programme. A l’exception de quelques avenues bétonnées ou en cours de réhabilitation. Les Kinois parient l’échec d’un quinquennat débuté sur fond de promesses fallacieuses.

Désirant mieux faire que ses prédécesseurs dans une ville de plus de 15 millions d’habitants dont les infrastructures de base datent de l’époque coloniale, Daniel Bumba s’était, à travers son programme phare, « Kin Ezo Bonga », engagé dans un vrai nettoyage de la ville, longtemps attendu par les habitants. Il promettait également de tourner la page d’une capitale honteusement sale et submergée par des inondations qui dégradent la chaussée après chaque pluie. Mais, la réalité le rattrape. Malgré les réunions nocturnes successives, l’édile semble dépassé par l’ampleur des événements. Kinshasa n’attend pas et ne peut pas attendre. Elle a besoin de solutions et de réponses urgentes face à ses besoins pressants.

Depuis plus de 10 ans, la capitale de la République Démocratique du Congo est confrontée aux mêmes problèmes que tout le monde connaît, mais dont personne ne trouve la solution. Les gouverneurs partent mais les habitants restent livrés à leur triste sort. Les déchets qui s’amoncellent, causent, depuis des lustres, de graves inondations dans la capitale congolaise. S’ils ne s’entassent pas le long des routes ou dans des décharges sauvages, les détritus finissent dans les caniveaux, les cours d’eau ou les rivières de la ville, formant ainsi des amas compacts.

Changement à la tête de TRANSCO : Solange Kabedi Odra promet le redressement

Par Andy Mbengay

La Direction Générale de TRANSCO entre dans une nouvelle phase. Solange Kabedi Odra a officiellement pris les rênes de l’entreprise publique à titre intérimaire, à la suite de la suspension du Directeur général a.i, Sylvestre Bilambo, par le Vice-Premier Ministre, Ministre des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba.

Désormais à la tête de la société de transport, Solange Kabedi Odra exerce l’ensemble des pouvoirs, prérogatives et responsabilités attachés à la fonction de Directeur général, conformément aux dispositions légales et réglementaires en vigueur.

La cérémonie de remise et reprise s’est déroulée dans un climat solennel. Elle a été coordonnée par Jeanne Tunda Kasongo, représentante du Secrétaire Général aux Transports, en présence des directeurs, cadres et agents de TRANSCO, ainsi que des experts du Secrétariat Général aux Transports.

Dans son allocution, la nouvelle Directrice générale intérimaire a appelé à l’unité et à l’engagement collectif. Elle a exhorté ses collaborateurs à œuvrer pour le redressement et le rayonnement de cet établissement public stratégique, en droite ligne avec la vision du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi.

Ce changement à la tête de TRANSCO ouvre ainsi une nouvelle étape, placée sous le signe de la responsabilité, de la continuité du service public et de la relance des performances de l’entreprise au service de la population.

Félix Tshisekedi ordonne un audit de la paie publique pour assainir les finances de l’État

Par Andy Mbengay

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a décidé de lancer un audit approfondi de l’état liquidatif de la paie des agents et fonctionnaires de l’État. Cette mesure, annoncée lors du Conseil des ministres, intervient dans un contexte marqué par des retards répétés dans le versement des salaires depuis le début de l’année.

Depuis janvier, de nombreux agents publics dénoncent des délais inhabituels dans la perception de leurs rémunérations, une situation qui fragilise les ménages et accentue les tensions sociales. Selon le chef de l’État, ces dysfonctionnements seraient en partie liés à une hausse rapide et insuffisamment contrôlée des effectifs au sein de l’administration, conséquence d’intégrations massives sans vérification rigoureuse des données.

L’audit portera sur l’état liquidatif, le document détaillant les bénéficiaires et les montants des salaires à payer. Il s’agira d’identifier d’éventuelles irrégularités telles que des doublons, des agents fictifs, des erreurs de calcul ou des écarts entre les effectifs budgétaires et les agents effectivement en poste. L’objectif affiché est d’assainir le fichier de la paie publique et de renforcer la transparence dans la gestion des finances de l’État.

L’enjeu est également économique. En République démocratique du Congo, la masse salariale représente une part significative du budget national. Lorsqu’elle progresse plus rapidement que les recettes publiques, elle pèse sur la trésorerie, réduit les marges d’investissement dans des secteurs clés comme les infrastructures, la santé ou l’éducation, et accroît le risque de déficit budgétaire. Dans un contexte de réformes structurelles et de coopération avec les partenaires financiers internationaux, la maîtrise des dépenses publiques demeure un impératif.

Une gestion plus rigoureuse de la paie des fonctionnaires pourrait ainsi contribuer à stabiliser le cadre macroéconomique, à renforcer la crédibilité de l’État et à améliorer le climat des affaires en RDC. Reste à savoir si cet audit débouchera sur des réformes durables capables d’assurer une paie régulière et soutenable pour les finances publiques.

OCC : Christelle Muabilu aux commandes pour redresser l’Office après la suspension du DG

Par Andy Mbengay

La Directrice générale intérimaire de l’Office Congolais de Contrôle (OCC), Christelle Muabilu, a officiellement pris ses fonctions ce jeudi 19 février 2026, à l’issue d’une cérémonie de remise et reprise présidée par le Secrétaire général au Commerce extérieur, Eugène Manga Manga. Organisée au siège de l’établissement public, la cérémonie s’est déroulée en présence du Président du Conseil d’administration, du Président de la délégation syndicale ainsi que des agents et cadres de l’Office.

Pour rappel, l’OCC a pour mission de contrôler la qualité, la quantité et la conformité des marchandises entrant et sortant de la République Démocratique du Congo. Cette prise de fonctions intervient 72 heures après la suspension à titre conservatoire du Directeur général, Etienne Tshimanga, pour fautes lourdes de gestion. La décision a été prise par le Ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, dans un contexte marqué par la volonté des autorités de redresser cet organisme à caractère scientifique et technique.

Au cours de la cérémonie, les emblèmes du pouvoir ont été remis à la nouvelle responsable par le Secrétaire général au Commerce extérieur, qui a rappelé les orientations fixées par le ministre de tutelle pour « sauver du naufrage » l’institution. Il a souligné que la commission de redressement mise en place aura besoin de l’accompagnement de tous les agents pour mener à bien sa mission.

Témoin de l’événement, Onésime Sadiki Byombuka, Directeur de cabinet adjoint du ministre du Commerce extérieur, a pris acte de la passation de pouvoir entre le Directeur général suspendu, représenté par Pierrot Mwambanzambi Kangudia, coordonnateur de la Direction générale de l’OCC, et la nouvelle Directrice générale intérimaire.

Dans son allocution, Christelle Muabilu a exprimé sa gratitude au Président de la République, Félix Tshisekedi Tshilombo, à la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, ainsi qu’au ministre du Commerce extérieur pour la confiance placée en elle.

Elle a appelé les agents et cadres de l’Office à l’unité, à la rigueur et au travail bien fait, afin de garantir la protection des consommateurs et de contribuer à la maximisation des recettes publiques.