Par Andy Mbengay
La session ordinaire de mars de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo s’est ouverte lundi à Kinshasa dans un contexte marqué par d’importants défis sécuritaires à l’Est du pays ainsi que par des enjeux économiques et diplomatiques majeurs.
Dans son discours d’ouverture, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a lancé un appel à l’unité nationale et à une mobilisation accrue des institutions pour répondre efficacement aux multiples défis auxquels la nation est confrontée.
« L’heure n’est pas aux divisions internes, mais au rassemblement de toutes les forces vives de la nation », a-t-il déclaré devant les députés réunis au Palais du Peuple.
Une grande partie de son intervention a été consacrée à la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Il a dénoncé l’agression attribuée au Rwanda et à ses alliés du mouvement AFC/M23, accusés d’occuper certaines localités stratégiques depuis 2025, notamment les villes de Goma et Bukavu. Selon lui, ces affrontements ont entraîné d’importants déplacements de populations et aggravé la crise humanitaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Le président de la Chambre basse a également évoqué les attaques répétées du groupe armé Forces démocratiques alliées (ADF), actif notamment dans les territoires de Beni et Lubero ainsi que dans certaines zones de l’Ituri.
Face à ces menaces, il a salué la détermination des forces armées congolaises et appelé la population à soutenir les efforts du chef de l’État, Félix‑Antoine Tshisekedi Tshilombo, commandant suprême des forces de défense et de sécurité.
Sur le plan diplomatique, Aimé Boji Sangara a également évoqué l’accord de paix signé entre la République démocratique du Congo et le Rwanda en juin 2025 à Washington, dont la ratification pourrait être examinée par le Parlement au cours de cette session.
Il a par ailleurs mis en avant les perspectives offertes par le partenariat stratégique conclu entre la RDC et les États-Unis, notamment dans les domaines de la sécurité, des investissements et de la valorisation des ressources minières. Selon lui, cet accord pourrait contribuer à renforcer les capacités économiques du pays et attirer davantage d’investissements internationaux.
Sur le plan économique, le président de l’Assemblée nationale a insisté sur la nécessité de renforcer la mobilisation des recettes publiques afin de soutenir les politiques publiques et les investissements structurants.
Il a notamment évoqué l’impact de l’évolution du taux de change ainsi que le ralentissement temporaire de certaines recettes minières, invitant le gouvernement à soumettre au Parlement un projet de loi de finances rectificative pour l’exercice 2026. La lutte contre la fraude fiscale, l’évasion fiscale et la corruption figure également parmi les priorités évoquées pour consolider durablement les finances publiques.
La session parlementaire qui s’ouvre s’annonce particulièrement dense, avec l’examen de plusieurs projets et propositions de lois, la ratification d’accords internationaux ainsi que le renforcement du contrôle parlementaire.
Le président de l’Assemblée nationale a également annoncé l’organisation prochaine d’un débat d’orientation budgétaire afin d’examiner en amont les grandes orientations de la politique budgétaire du gouvernement pour les prochaines années.
En conclusion, il a appelé les députés à faire preuve de responsabilité et de patriotisme pour répondre aux attentes de la population congolaise.
La session ordinaire de mars constitue l’un des moments clés du calendrier institutionnel de la RDC. Cette année, elle s’ouvre dans un contexte où les questions sécuritaires, économiques et diplomatiques occupent une place centrale dans l’agenda national.