Maï-Ndombe : Le général Moyo rassure les habitants de Nkana après l’attaque du 25 novembre

Par Andy Mbengay

Le commandant des opérations sur l’axe Kwamouth – Bagata, le général de brigade Moyo Rabbi Richard Ngemba, s’est entretenu jeudi 4 décembre 2025 avec les habitants du village Nkana, situé sur le littoral du fleuve Congo, dans le territoire de Kwamouth (province du Maï-Ndombe).

Lors de cette rencontre, l’officier général a écouté les préoccupations sécuritaires de la population, encore bouleversée par l’attaque meurtrière perpétrée le dimanche 25 novembre par un groupe d’insurgés Mobondo.

Le général Moyo a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et a assuré que de telles attaques ne se reproduiront plus à Nkana, affirmant que toutes les dispositions sécuritaires nécessaires ont été prises pour protéger la communauté.

Il a également appelé les habitants ayant fui vers la République du Congo ou vers la commune de Maluku à regagner rapidement Nkana afin de reprendre leurs activités dans un climat de sécurité restaurée.

Dans le cadre de cette visite, l’unité médicale des Forces armées a organisé des consultations et administré des soins à de nombreux patients, une initiative saluée par une population longtemps privée d’assistance sanitaire.

Le général Moyo a en outre distribué des vivres et des non-vivres aux habitants du village, afin de renforcer le lien civilo-militaire. Il a promis de transmettre un rapport détaillé à la hiérarchie militaire pour que d’autres actions sociales soient orientées vers les déplacés internes de Nkana.

Assemblée nationale : Quatre projets de loi validés et envoyés en commissions pour examen approfondi

Par Andy Mbengay

Lors de la séance plénière de ce jeudi 4 décembre, l’Assemblée nationale a déclaré recevables quatre projets de loi, ouvrant ainsi la voie à leur analyse en commissions permanentes. Les textes concernés portent sur la justice transitionnelle, la reconnaissance internationale des qualifications de l’enseignement supérieur, les marchés boursiers, ainsi que la régulation des jeux d’argent et de hasard en République démocratique du Congo (RDC).

Parmi ces initiatives législatives figure le projet de loi fixant les principes fondamentaux de la justice transitionnelle, défendu par le ministre d’État chargé des Relations avec le Parlement, Guy Loando, représentant le ministre des Droits humains empêché. Selon lui, cette loi est indispensable pour mettre fin à l’impunité, répondre aux attentes des victimes et comprendre les racines des conflits qui secouent le pays. Elle vise notamment à traiter les abus du passé précolonial, colonial et postcolonial en vue de favoriser la réconciliation nationale, la paix durable et la réparation des préjudices subis.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Marie-Thérèse Sombo, a quant à elle présenté le projet de loi autorisant la ratification par la RDC de la Convention mondiale de l’UNESCO sur la reconnaissance des qualifications relatives à l’enseignement supérieur, signée à Paris le 25 novembre 2019. Cette convention ambitionne d’harmoniser et de faciliter la reconnaissance des diplômes entre pays signataires, dans un esprit de coopération éducative, culturelle, scientifique et socioéconomique.

Deux autres projets ont été défendus par la vice-ministre des Finances, Grâce Yamba : le premier concerne la création d’un cadre juridique moderne pour les marchés boursiers en RDC. Elle a expliqué que ce texte répond à la nécessité d’installer un dispositif institutionnel adapté à une bourse des valeurs et à une bourse des marchandises efficaces, transparentes et propices à la mobilisation des ressources pour l’investissement et le développement économique.

Le second projet présenté par la vice-ministre porte sur la régulation des jeux d’argent et de hasard. Elle a souligné que la croissance rapide de ce secteur impose une mise à jour urgente du cadre légal, encore basé sur des textes datant de 1901, 1927 et 1951. Le nouveau dispositif vise à mieux contrôler l’industrie, à protéger les consommateurs et à répondre aux défis économiques et sociaux liés à son expansion.

À l’issue d’un débat nourri ponctué de recommandations pour améliorer les différents textes, la plénière a adopté leur recevabilité. Les projets de loi ont été transmis aux commissions compétentes : Relations extérieures ; Économique, financière et contrôle budgétaire ; Politique, administrative et juridique. Ces commissions disposent d’un délai de cinq jours pour mener un examen approfondi avant leur retour en plénière.

Kwango : Bras de fer à l’Assemblée provinciale autour de la suspension des motions

Par Andy Mbengay

Un vent de fronde souffle sur l’Assemblée provinciale du Kwango. Les députés provinciaux ont rejeté à l’unanimité une résolution visant à instaurer un moratoire sur les motions et pétitions visant le gouverneur et le bureau de l’Assemblée. La décision est tombée lors d’une séance plénière présidée par le speaker provincial, Tite Mund Ngand.

Cette résolution faisait suite à une instruction du Vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, qui demandait aux Assemblées provinciales de suspendre temporairement ces mécanismes de contrôle parlementaire, invoquant la crise sécuritaire nationale et la nécessité d’une trêve politique.

Mais au Kwango, les élus n’ont pas mâché leurs mots. Pour eux, la mesure n’a aucune raison d’être dans une province qu’ils ne considèrent pas en situation de guerre. Plusieurs députés ont dénoncé une atteinte directe à leurs prérogatives constitutionnelles.

« Cette résolution est un coup d’État contre nous-mêmes. Elle bloque purement et simplement le contrôle parlementaire dans notre province », a fustigé le député Ignace Inkalaba, déclenchant de vives réactions dans l’hémicycle.

Face à la contestation générale, le président de l’Assemblée provinciale a reconnu que le texte visait à se conformer à la volonté du gouvernement central. Il a toutefois pris acte du refus catégorique de ses collègues, affirmant que leur position serait transmise aux autorités nationales.

Certains députés sont allés jusqu’à proposer une « vacance parlementaire illimitée » si la suspension des motions et pétitions venait à être imposée. « Si une telle résolution était adoptée, il ne nous resterait plus rien à faire. La Constitution nous garantit le droit de contrôle », ont-ils rappelé.

Alors que Kinshasa appelle à la trêve politique, le bras de fer avec les Assemblées provinciales s’annonce délicat. Au Kwango, le débat est désormais ouvert sur le fragile équilibre entre impératifs sécuritaires nationaux et respect des prérogatives constitutionnelles locales.

« Deux lois clés pour la justice et la dignité : Riziki Maneno salue un pas décisif vers un État de droit renforcé »

Par Andy Mbengay

L’Assemblée nationale a tenu, lundi 1er décembre 2025, une plénière consacrée à l’examen et à l’adoption de deux propositions de loi majeures : la réforme de la loi organique sur la Cour constitutionnelle, portée par l’honorable Paul-Gaspard Ngondankoy, et la loi sur la protection et la promotion des droits des personnes du troisième âge, initiée par l’honorable Dédé Mopasa.

Présidée par le premier vice-président de la Chambre basse, le professeur Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, la séance a été marquée par plusieurs motions d’information et des échanges nourris.

Mettre fin aux conflits de compétences entre juridictions

Présentant sa proposition de loi, le professeur Paul-Gaspard Ngondankoy a expliqué que le texte vise à « mettre un terme aux conflits de compétences récurrents » entre la Cour constitutionnelle et les autres juridictions supérieures, notamment le Conseil d’État. L’objectif, selon lui, est de corriger les insuffisances de la loi actuelle et d’assurer une indépendance équilibrée entre les hautes cours.

Parmi les députés ayant salué l’initiative, la députée nationale Dr Riziki Maneno a insisté sur la nécessité de clarifier les rôles des différentes juridictions pour éviter des décisions contradictoires.

« Ma province du Kongo-Central en a fait les frais lors des dernières élections du gouverneur. Cette réforme vient combler un vide juridique, renforcer la séparation des pouvoirs et consolider l’État de droit », a-t-elle déclaré.

Un cadre juridique attendu pour les droits des personnes âgées

La deuxième proposition de loi, consacrée aux droits des personnes du troisième âge, a retenu toute l’attention de la députée. Elle a salué une initiative « d’une grande portée sociale », tout en suggérant quelques ajustements techniques.

Elle a notamment relevé des doublons entre les articles 2 et 9, ainsi que des incohérences dans l’ordre alphabétique des définitions.

« Ce sont des détails qui pourront être harmonisés en commission », a-t-elle souligné.

Un risque de discrimination pointé dans l’article 6

Riziki Maneno a également exprimé sa préoccupation concernant le deuxième paragraphe de l’article 6, qui limite certains avantages économiques aux personnes âgées à partir de leur départ effectif à la retraite.

« Cela risque de discriminer les travailleurs indépendants ou les professions libérales, comme les médecins, qui continuent d’exercer et de cotiser au-delà de l’âge légal », a-t-elle averti.

Deux textes déclarés recevables

À l’issue de débats parfois houleux, les députés ont voté la prorogation de l’état de siège ainsi que la recevabilité des deux propositions de loi organique, ouvrant la voie à leur examen approfondi en commission.

RDC : Le ministère de l’Intérieur interdit les activités du mouvement “Sauvons le Congo”

Par Andy Mbengay

Dans un communiqué publié ce mardi 2 décembre 2025, le Vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemin Shabani, a annoncé la suspension des activités du mouvement politique Sauvons le Congo sur toute l’étendue du territoire national. Cette organisation est dirigée par l’ancien président de la République, Joseph Kabila.

Le mouvement avait émergé à la suite d’un conclave des forces politiques et sociales tenu au mois d’octobre dernier à Nairobi, au Kenya.

Selon le communiqué, le ministère instruit l’ensemble de ses services de garantir le strict respect de cette interdiction et de veiller à ce qu’aucune activité liée à Sauvons le Congo ne soit menée dans leurs juridictions respectives. Il est également précisé que toute violation de cette mesure fera l’objet de sanctions.

Assemblée nationale : feu vert à la prorogation de l’état de siège et recevabilité de deux propositions de lois organiques

Par Andy Mbengay

La séance plénière tenue ce lundi 1ᵉʳ décembre à l’Assemblée nationale a été marquée par plusieurs avancées majeures. Les députés ont adopté, en seconde lecture, le projet de loi autorisant la prorogation de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, en présence du ministre d’État à la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa. Ils ont également déclaré recevables deux propositions de lois organiques : l’une portant modification de la loi sur la Cour constitutionnelle, l’autre consacrée à la protection des personnes du troisième âge.

Présidée par le premier vice-président de la Chambre basse, l’honorable Isaac JC Tshilumbayi, la plénière a débuté par la présentation de plusieurs motions d’information après l’adoption de l’ordre du jour. Sur les 377 députés présents, 366 ont voté pour la prorogation de l’état de siège, 11 contre et aucune abstention. Le vote s’est déroulé par appel nominal, mené par le rapporteur, l’honorable Jacques Djoli Eseng’ekeli.

L’examen de fond des deux textes inscrits au calendrier a commencé par la proposition de loi organique complétant la loi n°13/026 du 15 octobre 2013 relative à l’organisation et au fonctionnement de la Cour constitutionnelle. Présenté par l’honorable Paul-Gaspard Ngondankoy, le texte vise à mettre fin aux conflits de compétence récurrents entre la Cour constitutionnelle et les autres juridictions, à corriger les insuffisances de la loi actuelle et à garantir une indépendance équitable entre les hautes cours et leurs juridictions subalternes.

Au cours des débats, plusieurs députés ont soulevé des préoccupations portant sur la réécriture du texte, le principe du double degré de juridiction, le contrôle de constitutionnalité, les risques de politisation et la mission du juge constitutionnel.

La plénière s’est ensuite penchée sur la proposition de loi visant la protection et la promotion des droits des personnes du troisième âge, défendue par l’honorable Dhédhé Mupasa. Les députés ont salué le caractère innovant et socialement pertinent de cette initiative, tout en évoquant la nécessité d’intégrer certaines exceptions liées à l’âge. Le texte s’appuie sur l’article 49 de la Constitution, qui garantit aux personnes âgées des mesures spécifiques de protection. Son auteur a rappelé qu’aucune législation nationale ne s’était jusqu’ici suffisamment intéressée à cette question, justifiant ainsi l’importance de ce projet.

Au terme des discussions, les deux propositions de loi ont été déclarées recevables. Elles ont été transmises pour examen approfondi aux commissions compétentes : la Commission Politique, Administrative et Juridique (PAJ), qui dispose d’un délai de sept jours, et la commission mixte Socio-Culturelle et Genre, Famille et Enfant, qui dispose de cinq jours pour intégrer les recommandations formulées en plénière.

Budget 2026 : Le député Jean Baleke brise les rumeurs et confirme la prise en compte du Nord et du Sud-Kivu

Par Andy Mbengay

Le député national Jean Baleke est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « mensonge grossier » concernant l’exclusion présumée des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu dans le budget 2026.

Contacté par ActuCongo.net, l’élu de Kabare, également membre de la Commission économique et financière de l’Assemblée nationale, a tenu à rassurer les populations concernées : les deux provinces figurent bel et bien dans les rubriques des recettes comme des dépenses.

« Contrairement aux spéculations véhiculées sur les réseaux sociaux, prétendant que le Nord-Kivu et le Sud-Kivu n’apparaissent pas dans le budget 2026, je confirme que c’est totalement faux. En tant que membre de la Commission économique et financière, je réaffirme que ces provinces sont reprises de manière formelle, tant en recettes qu’en dépenses », a-t-il déclaré.

Jean Baleke a toutefois reconnu une baisse des recettes issues de ces territoires, conséquence directe de l’occupation de plusieurs localités. Une situation qui n’a pas empêché, selon lui, l’augmentation des dépenses, notamment en raison des opérations militaires en cours dans ces zones.

« Les fonctionnaires, les enseignants ainsi que les rétrocessions destinées aux provinces et aux entités territoriales décentralisées seront payés normalement, comme d’habitude », a-t-il insisté.

Très remonté contre la propagation de ces fausses informations, le député a appelé la population au calme, particulièrement dans les territoires de Kabare, Bukavu et Maniema.

« Les rumeurs diffusées depuis le week-end dernier sont totalement infondées. Je parle en tant que membre de la Commission économique et financière chargée du contrôle budgétaire. Nous travaillons en parfaite collaboration avec les collègues pour garantir la transparence », a-t-il conclu.

Jean Baleke invite la population à se fier aux sources officielles et à ne pas céder aux intoxications circulant sur les réseaux sociaux.

« Kishishe : trois ans après, un nouveau massacre ravive les blessures d’un territoire meurtri »

Par Andy Mbengay

Le vendredi 29 novembre 2022, la localité de Kishishe, située dans le groupement de Bambo, chefferie de Bwito, en territoire de Rutshuru, avait été le théâtre d’un massacre au cours duquel environ 270 civils avaient perdu la vie. Trois ans plus tard, la région replonge dans l’horreur : au moins 80 civils auraient de nouveau été tués dans le secteur périphérique de Kishishe, connu sous le nom de Kahumiro.

Depuis novembre 2021, les affrontements impliquant les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda selon les autorités congolaises, ont provoqué des violences répétées dans plusieurs zones du Nord-Kivu, notamment à Rutshuru, Masisi, au sud du territoire de Lubero, ainsi qu’aux abords des villes de Goma et Bukavu. Ces exactions ont causé un lourd bilan humain et alimenté une crise humanitaire majeure.

Face à la détérioration continue de la situation, Aimé Mukanda, notable du Nord-Kivu, appelle la communauté internationale à prendre position : « Il est temps que la communauté internationale reconnaisse ce que vit la population congolaise. Le sang des innocents réclame justice et les victimes doivent être indemnisées. Aujourd’hui, la RDC compte plusieurs millions de déplacés internes et de réfugiés à cause de cette guerre d’agression », déclare-t-il.

Dans le Grand Nord du Nord-Kivu, comme dans d’autres provinces du pays, des centaines de milliers de déplacés ayant fui les zones sous contrôle du M23 vivent dans une précarité extrême. Menacés par l’insécurité persistante, ils survivent dans des camps où l’accès à la nourriture, aux soins et à un minimum de dignité demeure un défi quotidien.

Assemblée nationale : la plénière adopte le rapport Ecofin-CB sur la reddition des comptes du budget 2024

Par Andy Mbengay

Sous la direction du Premier Vice-président de l’Assemblée nationale, le Professeur Isaac Jean-Claude Tshilumbayi Musau, la plénière de ce vendredi 28 novembre 2025 a examiné et adopté le rapport de la Commission Économique, Financière et de Contrôle Budgétaire (ECOFIN-CB) relatif au projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice 2024.

Ce texte permet au Gouvernement de présenter les opérations d’exécution du budget du pouvoir central, telles qu’établies à partir du compte général du Trésor, des extraits des livres de caisse des comptables publics principaux, des états financiers des services dépendant des budgets annexes et comptes spéciaux, ainsi que des organismes chargés de la gestion des ressources internes et externes.

Le Président de la Commission ECOFIN, le député national Guy Mafuta Kabongo, a exposé devant la plénière les grandes lignes du rapport. Les prévisions de recettes pour 2024 étaient fixées à 44 410 055 921 911 FC, avec une réalisation de 79,97 %, soit 35 514 367 066 272 FC.
Les dépenses, quant à elles, ont atteint 35 872 482 971 094,60 FC, représentant un taux d’exécution de 80,78 % par rapport aux prévisions. Au final, l’exercice budgétaire 2024 s’est clôturé par un déficit de 358 115 904 822,60 FC.

La Rapporteure de la Commission a, par ailleurs, mis en lumière plusieurs cas de surconsommation budgétaire dans certaines rubriques et ministères : les Rubriques ayant dépassé leurs prévisions, Équipements et mobiliers : 456,48 %, Équipements de construction et transport : 431,09 %, Équipements militaires : 234,26 %

*Ministères concernés par des excès de consommation*

* Affaires étrangères : 822,56 %

* Sports et Loisirs : 289,96 %

* Droits humains : 222,35 %

À l’inverse, d’autres secteurs ont connu une sous-consommation marquée, notamment : Équipements de santé : 41,38 %, Équipements agro-sylvo-pastoraux : 6,95 %, Équipements divers : 46,87 %, Équipements éducatifs, culturels et sportifs : 0,48 %.

L’objectif de ce rapport est de mettre en évidence les forces et faiblesses de l’exécution du budget 2024 afin de permettre une meilleure planification pour les exercices futurs.

La Commission ECOFIN-CB a également formulé plusieurs recommandations destinées à réduire les écarts et dépassements budgétaires. Parmi celles-ci :

À la DGI, l’instauration de mécanismes contraignants pour garantir la disponibilité et la clarté des imprimés de valeur.

À la DGRAD, la priorisation du financement de la production d’imprimés de valeur par l’Hôtel de Monnaie.

Aux comptes spéciaux et budgets annexes, la rationalisation des dépenses de fonctionnement au profit des investissements.

À la Cour des comptes, la présentation à l’Assemblée nationale d’un rapport sur les responsabilités individuelles dans la mauvaise gestion des finances publiques.

À l’issue des débats, 346 députés nationaux ont voté en faveur de l’adoption du projet de loi par appel nominal, contre un seul vote défavorable et aucune abstention. Le texte sera ensuite transmis au Sénat pour la suite de la procédure législative.

Lors de l’ouverture de la plénière, plusieurs députés dont Serge Khonde, André Mushongo, Albert Kamango et Trésor Mutiki ont soulevé des questions d’actualité, notamment sur la mort tragique d’une trentaine de creuseurs au Lualaba, la réhabilitation de l’aéroport de Tshikapa, la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays et la situation des Congolais vivant en Angola.

Durban : Aimé Boji met la transparence des minerais au centre des priorités de la SADC

Par Andy Mbengay

Durban (Afrique du Sud), La question sensible des chaînes d’approvisionnement en minerais s’est imposée comme l’un des points majeurs du Forum parlementaire de la SADC, où le président de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC), l’Honorable Aimé Boji Sangara, est intervenu pour la deuxième fois en séance plénière.

Après avoir, lors de sa première allocution, exposé sa lecture des causes de la guerre persistante dans l’Est de la RDC évoquant notamment l’occupation de portions des provinces du Kivu et l’implication présumée du Rwanda dans le soutien au mouvement armé AFC/M23, le Speaker congolais est revenu, mardi, sur l’un des facteurs qu’il juge déterminants : l’exploitation illicite des minerais stratégiques.

Dans un discours appuyé, Aimé Boji a estimé que la maîtrise des flux de matières premières devait désormais être considérée comme un enjeu de sécurité régionale à part entière.

« La question des chaînes d’approvisionnement et de la traçabilité des matières premières ne peut plus être dissociée de la guerre persistante dans l’Est de la RDC. Les minerais stratégiques, qui devraient être une source de prospérité collective, alimentent encore des groupes armés et des économies parallèles au détriment de la stabilité régionale », a-t-il déclaré.

Selon lui, ces ressources continuent de nourrir des réseaux criminels transnationaux, détournant des revenus qui pourraient autrement renforcer les secteurs sociaux de base et contribuer au développement régional.

Face aux parlementaires de la Communauté de développement de l’Afrique australe, Aimé Boji a appelé à une mobilisation autour de trois priorités : L’adoption de législations régionales assurant transparence, traçabilité et intégrité dans la chaîne d’approvisionnement des minerais ; la promotion d’une intégration économique inclusive, permettant aux populations de bénéficier directement de la valeur des minerais stratégiques ainsi que la consolidation d’une solidarité régionale envers la RDC, dont l’instabilité a, selon lui, des répercussions sécuritaires et humanitaires sur l’ensemble de la SADC.

Avec insistance, le président de la Chambre basse a plaidé pour un encadrement plus rigoureux du secteur minier à travers des dispositifs nationaux et des mécanismes de contrôle régionaux. L’objectif : barrer la route aux trafics, responsabiliser les opérateurs industriels et renforcer la souveraineté collective de la région sur ses ressources naturelles.

Cette prise de position s’inscrit dans une stratégie de diplomatie parlementaire menée par le bureau dirigé par Aimé Boji, en appui aux efforts du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et du gouvernement congolais, engagés dans la recherche d’une paix durable dans l’Est du pays.