Par Andy Mbengay
Sous la direction du Premier Vice-président de l’Assemblée nationale, le Professeur Isaac Jean-Claude Tshilumbayi Musau, la plénière de ce vendredi 28 novembre 2025 a examiné et adopté le rapport de la Commission Économique, Financière et de Contrôle Budgétaire (ECOFIN-CB) relatif au projet de loi portant reddition des comptes de l’exercice 2024.
Ce texte permet au Gouvernement de présenter les opérations d’exécution du budget du pouvoir central, telles qu’établies à partir du compte général du Trésor, des extraits des livres de caisse des comptables publics principaux, des états financiers des services dépendant des budgets annexes et comptes spéciaux, ainsi que des organismes chargés de la gestion des ressources internes et externes.
Le Président de la Commission ECOFIN, le député national Guy Mafuta Kabongo, a exposé devant la plénière les grandes lignes du rapport. Les prévisions de recettes pour 2024 étaient fixées à 44 410 055 921 911 FC, avec une réalisation de 79,97 %, soit 35 514 367 066 272 FC.
Les dépenses, quant à elles, ont atteint 35 872 482 971 094,60 FC, représentant un taux d’exécution de 80,78 % par rapport aux prévisions. Au final, l’exercice budgétaire 2024 s’est clôturé par un déficit de 358 115 904 822,60 FC.
La Rapporteure de la Commission a, par ailleurs, mis en lumière plusieurs cas de surconsommation budgétaire dans certaines rubriques et ministères : les Rubriques ayant dépassé leurs prévisions, Équipements et mobiliers : 456,48 %, Équipements de construction et transport : 431,09 %, Équipements militaires : 234,26 %
*Ministères concernés par des excès de consommation*
* Affaires étrangères : 822,56 %
* Sports et Loisirs : 289,96 %
* Droits humains : 222,35 %
À l’inverse, d’autres secteurs ont connu une sous-consommation marquée, notamment : Équipements de santé : 41,38 %, Équipements agro-sylvo-pastoraux : 6,95 %, Équipements divers : 46,87 %, Équipements éducatifs, culturels et sportifs : 0,48 %.
L’objectif de ce rapport est de mettre en évidence les forces et faiblesses de l’exécution du budget 2024 afin de permettre une meilleure planification pour les exercices futurs.
La Commission ECOFIN-CB a également formulé plusieurs recommandations destinées à réduire les écarts et dépassements budgétaires. Parmi celles-ci :
À la DGI, l’instauration de mécanismes contraignants pour garantir la disponibilité et la clarté des imprimés de valeur.
À la DGRAD, la priorisation du financement de la production d’imprimés de valeur par l’Hôtel de Monnaie.
Aux comptes spéciaux et budgets annexes, la rationalisation des dépenses de fonctionnement au profit des investissements.
À la Cour des comptes, la présentation à l’Assemblée nationale d’un rapport sur les responsabilités individuelles dans la mauvaise gestion des finances publiques.
À l’issue des débats, 346 députés nationaux ont voté en faveur de l’adoption du projet de loi par appel nominal, contre un seul vote défavorable et aucune abstention. Le texte sera ensuite transmis au Sénat pour la suite de la procédure législative.
Lors de l’ouverture de la plénière, plusieurs députés dont Serge Khonde, André Mushongo, Albert Kamango et Trésor Mutiki ont soulevé des questions d’actualité, notamment sur la mort tragique d’une trentaine de creuseurs au Lualaba, la réhabilitation de l’aéroport de Tshikapa, la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays et la situation des Congolais vivant en Angola.