Par Andy Mbengay
Dans un communiqué n°032/Inac/DDLN rendu public le 14 avril 2026, l’intersyndicale de l’administration publique de Kinshasa a déclenché une grève générale depuis ce mardi 14 avril 2026. Cette décision intervient malgré un ultimatum de 24 heures accordé au gouverneur de la ville pour le paiement de plus de 10 mois d’arriérés de salaires.
Selon son président, David Delor Luyeye, cette mobilisation vise à dénoncer la situation salariale critique que traversent les agents publics urbains. Il a salué la détermination du personnel, confronté à des arriérés de 7 mois pour les agents administratifs et de 10 mois pour le personnel politique ainsi que celui des différentes régies pour l’année 2025.
« Chers camarades, agents et personnels de la ville de Kinshasa, faisant suite à notre communiqué du 13 avril 2026 décrétant une grève illimitée dans les services publics urbains, l’intersyndicale tient à saluer la bravoure de tous les agents qui restent déterminés face à leur situation salariale », a-t-il déclaré.
Très critique face au non-respect des engagements pris par les autorités provinciales, David Delor Luyeye rappelle que les agents ont consenti d’importants efforts dans la mobilisation des recettes depuis janvier 2026.
Il souligne également que les promesses faites par les autorités, notamment par le ministre provincial du Budget et de la Fonction publique, ne se sont pas concrétisées.
« Et, porté par l’espoir de changement prôné par le nouveau dirigeant, à savoir le ministre provincial du Budget et de la Fonction publique, qui rassurait que, pour l’année 2026, aucun retard de paiement ni arriéré ne seraient constatés dans la paie du personnel urbain. Or, fort heureusement, nous ne sommes pas encore à la fin de l’année 2026 ; cependant, les mois de février et de mars 2026 ne sont toujours pas payés, pas plus que l’apurement des arriérés de 2025. Le personnel s’interroge alors : ces promesses n’étaient-elles que fallacieuses, destinées à plaire à l’opinion publique ? », a-t-il déploré.
Déterminée à obtenir gain de cause, l’intersyndicale a tenu une réunion extraordinaire ce mardi à l’Hôtel de ville de Kinshasa. À l’issue de celle-ci, elle a décidé de maintenir une grève « sèche et illimitée » sur toute l’étendue de la ville, avec pour objectif immédiat l’apurement d’au moins 4 mois sur les 7 mois d’arriérés de 2025.
« Nous informons l’ensemble du personnel des différentes divisions urbaines et régies de toute nature que la grève illimitée entamée depuis ce mardi 14 avril 2026 est maintenue jusqu’à nouvel ordre. En conséquence, pour ce mercredi 15 avril 2026, aucun bureau ni service public n’est autorisé à ouvrir ses portes. Cette grève sera radicale et sèche : aucun accès ne sera autorisé, ni aux agents ni aux cadres, notamment les directeurs, chefs de divisions, OD, comptables, sous-gestionnaires et consorts, afin de faire entendre nos voix jusqu’au paiement d’au moins quatre mois de nos rémunérations », a-t-il insisté.
Par ailleurs, l’intersyndicale recommande aux ambassades, aux banques et aux institutions internationales de s’abstenir de traiter tout document émanant de l’administration publique de Kinshasa durant cette période.
Elle appelle également les agents, y compris ceux en mission, à suspendre toute activité jusqu’à satisfaction de leurs revendications.
Enfin, une marche de protestation est envisagée dans les prochains jours. Celle-ci devrait partir de l’Hôtel de ville de Kinshasa pour se diriger vers le ministère provincial du Budget. Les grévistes entendent réclamer le paiement d’au moins quatre mois d’arriérés de 2025 ainsi que les salaires de février et mars 2026.